• Post published:samedi 5 septembre 2020
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Le rassemblement Chalonnais du mouvement national Nous voulons des coquelicots s’est retrouvé pour la dernière fois sur la Place de l’Hôtel de Ville, à Chalon-sur-Saône, vendredi 4 septembre.

Place de l’Hôtel de ville, le 4 septembre 2020

Àprès deux années d’existence, le collectif Nous voulons des coquelicots a annoncé la fin des rassemblements. Au niveau national, ce sont pas moins de 1 200 000 PERSONNES qui ont signé pour l’interdiction des pesticides de synthèse.


Coquelicots, un combat les yeux dans les yeux


L’intervention de Sabine Blondeau

«Il a fallu insister mais c’est officiel : le 15 septembre 2020, nous serons reçus par Madame Pompili, ministre d’État en charge de la transition écologique, et nous lui remettrons les 1 200 000 signatures que vous êtes allé chercher sur les marchés, à la sortie des gares, dans les salles d’attente des médecins, partout en France», annonce la militante écologiste et membre d’ACTE, Sabine Blondeau.

«Vous avez été magnifiques, et ce n’est pas un mot choisi au hasard. Il y a peu d’exemples, dans l’Histoire politique française, d’un mouvement comme le nôtre. Sans soutien d’aucun parti, sans aucune subvention. Ce résultat, nous pouvons en être fiers», poursuit-elle.

«À Pompili, la ministre, nous poserons la question fatidique : est-elle d’accord pour porter notre revendication jusqu’au sommet de notre République ? Nous ne sommes pas naïfs, mais nous entendons jouer le jeu jusqu’au bout, alors même que rôde un nouveau scandale. Il tient en un seul mot : néonicotinoïdes».

Des «insecticides dont il est formellement établi qu’ils empoisonnent tout et tout le monde : les pollinisateurs bien sûr, mais aussi les vers de terre, les oiseaux, les bactéries du sol et, in fine, les humains», explique l’ex-porte-parole de la liste Bien Vivre à Chalon, aux dernières élections municipales.

«Une certaine Barbara Pompili, alors députée, les avait fait interdire, en 2016 ; quatre ans plus tard, les lobbies ont réussi à les faire revenir par la grande porte, avec le soutien du ministre de l’agriculture, Julien Denormandie. Les députés doivent porter le projet de loi, début octobre», explique celle qui est également membre de l’Association Chalonnaise pour la Transition Énergétique (ACTE).

«Ne les laissons pas faire ! Battons-nous encore ! Laissons tomber les mails, qui finissent le plus souvent dans la poubelle. Allons parler à nos députés, les yeux dans les yeux. Et encouragez tout votre entourage à faire de même», s’exclame Sabine Blondeau, avant de conclure par un tonitruant «Notre combat continue ! Autrement !»


L’intervention de Thierry Grosjean

«Nous voulons des paysans ! Nous avons tant besoin de paysans ! » lance Thierry Grosjean, président de la Confédération des Associations de Protection de l’Environnement et de la Nature de Saône-et-Loire (CAPEN 71).

Officiellement, les agriculteurs ne sont plus que 430 000, alors qu’ils étaient encore 7,4 millions en 1946. Ces chiffres sont édifiants et nous mettent devant les faits, devant l’histoire et la crise que nous traversons révèle les maux de notre société, devenue artificielle et vulnérable.

«Seront-ils demain moins de 150 000, rescapés au milieu d’un désert de machines et de détresse ? Sur une planète dévastée par la crise climatique, la mort des oiseaux et des insectes», interroge Thierry Grosjean.

«Nous avons tous cru que le glorieux travail de la terre pouvait être remplacé par le pétrole, les engins et la chimie. Nous, paysans et non-paysans. Cette vision nous a conduits dans une impasse. Un système absurde, celui de l’agriculture industrielle, nous prive de tout avenir commun. Des paysans endettés se suicident, les sols meurent, des maladies chroniques surgissent, la société se détourne de produits qu’elle ne veut plus manger», poursuit-il.

«Il faut donc changer. Nous voulons de grandes retrouvailles entre les paysans et tous ceux qui ont oublié leur passé. Nous voulons que l’immense énergie mise au service de l’industrialisation des campagnes serve aujourd’hui à reconstruire ce pays autour d’un seul mot, celui d’espoir. La France manque de millions de paysans heureux, fiers de nourrir la société tout en retrouvant l’harmonie de la nature».

«Seule leur présence permettra de faire face ensemble au grand défi climatique et à l’effacement de la biodiversité». Au passage, «des milliers de petites villes et de villages ne seraient plus les oubliés des services publics, des transports, et de l’avenir».

Le combat continue

Nous saluons tous les bénévoles, tous les militants qui se battent depuis de (trop) nombreuses années à alerter, informer et sensibiliser l’opinion publique et nos politiques aux nombreuses frénésies dont fait preuve l’agrochimie. Nous ne serons jamais assez nombreux pour dénoncer et surtout créer des autres mondes, alternatifs, vivables et durables pour les écosystèmes dont l’humain fait intimement partie.

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