Environ 350 personnes ont défilé lors de cette manifestation…
Après une présentation de cette action Place de Beaune,
les manifestants ont défilé dans les rues piétonnes, jusqu’à la Place Saint-Vincent
où un maraîcher bio a présenté les difficultés rencontrées par le changement climatique.
Le défilé s’est ensuite dirigé jusqu’à la Mairie
où la LDH et les syndicats enseignants ont pu s’exprimer.
Retour Place de Beaune où des étudiantes ont montré les difficultés rencontrées dans les salles de classe surchauffées.
Cette manifestation s’est terminée sur un temps de parole où se sont exprimées certaines personnes…
Article du Journal de Saône-et-Loire
Article sur Info-Chalon
Très beau reportage sur le déroulé de la manifestation et les photos prises à cette occasion…
Politique
350 voix à Chalon-sur-Saône pour faire entendre l’urgence climatique
Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI – Publié le 27 Septembre 2026 à 09h00

Sous le soleil chalonnais, les revendications n’ont pas manqué d’humour. Plus de détails avec Info Chalon.
Samedi 26 septembre 2026, plusieurs centaines de personnes ont battu le pavé chalonnais sous un grand soleil pour réclamer des réponses à la hauteur du dérèglement climatique.
Ils étaient plus de 350 manifestants selon les organisateurs, 335 selon la police. Une mobilisation loin d’être anecdotique à l’échelle de Chalon-sur-Saône, d’autant que ce samedi après-midi particulièrement ensoleillé avait également rempli les terrasses et que plusieurs événements se déroulaient concomitamment dans la ville.
À l’appel de citoyennes et citoyens, soutenus par différentes associations, syndicats et mouvements politiques, cette Marche pour le climat s’inscrivait dans une mobilisation organisée le même jour dans de nombreuses villes de France autour de quatre mots d’ordre : le climat, le vivant, la paix et la justice sociale.
Dès 14 heures 30, les premiers participants s’étaient retrouvés Place de Beaune pour plusieurs prises de parole. Le départ de la marche a finalement été donné aux alentours de 15 heures, avant que le cortège ne s’engage dans les rues du centre-ville.
De l’humour pour faire passer le message
Et si les raisons de manifester étaient prises au sérieux, cela n’a pas empêché les participants de manier l’humour, parfois avec une certaine imagination.
Le slogan le plus scandé tout au long de l’après-midi aura sans doute été «Et 1 et 2 et 3 degrés, c’est un crime contre l’humanité». Mais les pancartes et les voix du cortège réservaient quelques trouvailles nettement plus légères.
«Si le climat était une banque, on l’aurait déjà sauvé», «Moins de riches, plus de ruches», «Préparez vos guibolles, y a bientôt plus de pétrole» ou encore «La fonte des glaçons, je la veux que dans mon rosé» ont ainsi accompagné les manifestants.
D’autres avaient manifestement décidé de pousser le curseur encore un peu plus loin : «Seul Ryan Gosling devrait faire monter ma température». Et la palme du slogan le plus gratiné de l’après-midi revenait sans doute à l’inénarrable «Plus de clito, moins de phyto».
L’arrêt Place Saint-Vincent a notamment donné lieu à une nouvelle salve de slogans et de chants détournés. Sur l’air de «Si tu as d’la joie au coeur», les participants ont réclamé tour à tour «un avenir vivable», «un logement isolé», «des transports efficaces», «des aliments sains» ou encore «des rivières vivantes». Mais aussi d’autres prises de parole comme celle de Théo de la Confédération Paysanne.
Le cortège a ensuite repris sa route avant de marquer un nouvel arrêt Place de l’Hôtel de Ville, puis de regagner son point de départ, Place de Beaune.
Avec sa composition hétéroclite, ses pancartes colorées — dont une particulièrement bien trouvée mettant en scène le capitaine Haddock — et ses slogans parfois à la limite du politiquement correct, le cortège n’est en tout cas pas passé inaperçu dans les rues du centre-ville de la Cité de Niépce.
Trois plans réclamés face au dérèglement climatique
Derrière la bonne humeur affichée se trouvaient des revendications beaucoup plus sérieuses. Les organisateurs réclament la mise en oeuvre de trois plans : un plan d’urgence, un plan d’adaptation et un plan d’atténuation du changement climatique.
Une feuille de route en trois temps qui entend répondre à la fois aux conséquences immédiates du dérèglement climatique et agir sur ses causes à plus long terme.
Le premier comprendrait notamment la rénovation des bâtiments et des établissements scolaires, la protection des personnes travaillant sous de fortes chaleurs, davantage de moyens pour les services de secours ou encore des aides aux agriculteurs sinistrés.
L’objectif affiché est ici de répondre au plus pressé, en protégeant en priorité les populations directement exposées aux conséquences du dérèglement climatique.
Le plan d’adaptation passerait notamment par le renforcement des moyens accordés aux collectivités, la protection des forêts, des sols, des rivières et des nappes phréatiques. Quant au troisième volet, consacré à l’atténuation, il viserait notamment à réduire progressivement les émissions de gaz à effet de serre, à mettre fin aux aides aux énergies fossiles et à développer des services publics accessibles à tous, en particulier dans les transports.
Les organisateurs proposent de financer ces mesures par une taxation des superprofits des secteurs des énergies fossiles et de l’armement ainsi que par la création d’un impôt climatique sur les patrimoines les plus importants.
Pour les organisateurs, la question des moyens financiers est donc indissociable de celle de leur répartition et des choix budgétaires opérés.
La baisse du Fonds vert constitue également l’un de leurs principaux griefs. Son enveloppe, qui avait atteint 2,5 milliards d’euros en 2024, a été ramenée à 837 millions d’euros en 2026. Un montant de 837 millions confirmé par le ministère de la Transition écologique.
Associations et responsables politiques dans le cortège
Plusieurs représentants du monde associatif et politique avaient également pris place parmi les manifestants.
Aline Mathus-Janet, co-présidente de la section chalonnaise de la Ligue des droits de l’Homme (LDH71), a rappelé que «le dérèglement climatique détruit des vies et accentue les inégalités».
Pour la LDH71, la crise climatique ne relève en effet pas uniquement de la question environnementale : elle menace également les droits humains et touche en premier lieu les populations les plus vulnérables. L’association défend ainsi une transition écologique qui ne se fasse pas au détriment des plus fragiles et appelle à un plan d’urgence climatique concret, tout en inscrivant ce combat dans celui qu’elle mène contre la progression des régimes autoritaires et de l’extrême droite.
Présent lui aussi dans le cortège, Damien Saley, le conseiller municipal et communautaire et tête de liste de La France insoumise (LFI) aux élections sénatoriales de ce dimanche en Saône-et-Loire, a pour sa part insisté sur la participation citoyenne : «Il est urgent que le peuple se réempare de son pouvoir, celui de délibérer et de décider !»
Clément Mugnier (PS), élu municipal et communautaire et président du groupe d’opposition «Chalon en commun» au sein du conseil municipal de Chalon-sur-Saône, évoque quant à lui un enjeu «très important».
Pour l’élu, les épisodes de fortes chaleurs auxquels la ville devra faire face appellent des réponses plus ambitieuses. Il cite notamment le cas de l’école Rives de Saône, où, selon lui, la température a récemment atteint 30 °C dans certaines classes.
«Il n’y a pas de solution globale», regrette-t-il, estimant que «les mesures prises par la mairie ne sont qu’un pansement sur le problème».
Pour l’élu socialiste, «il ne faut pas rater le coche». Parmi les pistes qu’il défend figure notamment le renouvellement du parc automobile au profit des véhicules électriques, mais à condition de rendre ceux-ci financièrement accessibles au plus grand nombre grâce à des aides. «Ce n’est qu’une solution parmi d’autres», tient-il toutefois à préciser.
Les lecteurs d’Info Chalon pourront retrouver lundi une réaction plus détaillée de Clément Mugnier sur le dérèglement climatique et les réponses qu’il estime nécessaire d’apporter localement.
«Nous ne sommes pas écoanxieux, nous sommes écolucides»
De retour Place de Beaune, plusieurs nouvelles prises de parole ont précédé l’assemblée citoyenne. L’une d’elles a particulièrement retenu l’attention : celle portée par la jeunesse.
«Nous ne sommes ni écoanxieux ni écoanxieuses. Nous sommes écolucides», ont lancé les jeunes participants.
Une manière pour eux de présenter leur inquiétude non comme une peur irrationnelle de l’avenir, mais comme la conséquence de ce qu’ils disent observer et comprendre de la situation climatique actuelle.
Leur appel refusait également de dresser une génération contre une autre. «Le dérèglement n’est pas une affaire de générations. Nos grands-parents n’en sont pas les responsables», ont-ils notamment défendu, préférant mettre en cause des choix économiques et politiques.
«Nous avons droit à un avenir. Nous avons aussi le droit de vivre maintenant», ont-ils poursuivi.
Et plutôt que de s’arrêter au constat, ces jeunes ont choisi d’évoquer la reconstruction, allant jusqu’à rappeler le programme des «Jours heureux» élaboré par le Conseil national de la Résistance en 1944. «Nous voulons travailler, et nous savons à quoi. Nous voulons rebâtir», pouvait-on encore entendre.
L’assemblée citoyenne organisée à partir de 16 heures 30, toujours Place de Beaune, est venue conclure plusieurs heures de mobilisation. Une mobilisation qui aura aussi permis, au-delà de la marche elle-même, de confronter les idées et de rappeler que la question climatique se joue aussi à l’échelle locale.
Et au moment de se disperser, chacun est reparti avec la conviction que le débat, lui, était loin d’être terminé.
Entre slogans graves, formules décalées, prises de parole et revendications, ces 335 à 350 manifestants auront finalement voulu faire passer un même message dans les rues de Chalon : à leurs yeux, le temps n’est plus seulement à l’alerte, mais à l’action.
Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati
Pour voir les photos dans leur intégralité, se rendre sur Info-Chalon ICI …







































































